Faire le choix d’un VPO

Au commencement de ma première année d’instrument, je travaillais à la maison avec un piano numérique (Roland EP7-II) branché en MIDI dans un Korg Triton Rack. Sans être réalistes, les quelques sons d’orgue produits par cet expandeur permettaient au moins de faire mes premiers pas dans des conditions acceptables.

Plus ou moins 6 mois après mes débuts, j’étais suffisamment confiant dans la poursuite de ma formation instrumentale pour penser à quelque chose de plus satisfaisant que mon clavier maitre.
Je ne voulais pas d’un orgue électronique, qu’il soit numérique ou analogique, mais bien d’un vrai instrument, mécanique avec soufflerie, de vrais jeux à tirer, etc …

L’achat d’un orgue d’étude à tuyaux étant tout à fait irréaliste, je me suis mis à la recherche d’un harmonium qui me donnerai, à la console, si pas les mêmes sensations qu’une console d’orgue, au moins quelque chose s’en approchant au mieux.
Je me suis trouvé un Schiedmayer avec des jeux de 16, 8 et 4 pieds répartis sur deux manuels et un grand pédalier.
Du bois sous les doigts et des soupapes au bout des touches. Un vrai bonheur à jouer tous les jours.

 

Quelques mois plus tard, la vie m’a fait le bonheur de devenir papa, et le volume sonore de mon Schiedmayer est alors devenu incompatible avec mes séances de travail nocturnes (mes vies professionnelle et familiale ne me laissent peu d’autres choix que de travailler en semaine à partir de 23 heures). Pas tant que mes accords enthousiastes réveillèrent ma progéniture, la maison est grande, mais j’aspirais, en fin de journée à travailler « en sourdine » pour mon propre confort.

Je me suis donc mis en recherche d’une solution pour pouvoir jouer à volume réduit, voir au casque.
J’ai ressorti mon clavier MIDI et le Triton, mais si un seul clavier passe encore, ne pas avoir de pédalier est plus problématique.

Il était temps de penser à un instrument électronique …

Pas décidé à bazarder plusieurs milliers d’€ dans un numérique qui ne vaudra plus rien dans quinze ans (dix ?) , un certain nombre de possibilités s’offrent :

– L’achat un instrument d’ancienne technologie, analogique.
Le gros avantage en est le coût, de rien à quelques centaines d’euros pour un trois manuels / pédalier de plusieurs dizaines de jeux, au grès des opportunités.
Les autres bon points sont : c’est une console d’orgue, on y trouve plusieurs claviers, un pédalier, les boutons d’appels de jeux, de combinaisons, les pédales d’expression, une amplification, une prise casque et un bouton de volume.
Le gros inconvénient est l’âge du matériel. Ces instruments ont tous minimum une trentaine d’années, et même le très bon matériel vieilli mal quand mal stocké, la réparation ou la simple remise en route s’avère souvent être un cauchemar.
L’aspect médiocre du rendu sonore peu, ou pas, être vu comme un inconvénient, ou une limite. Si la technologie de génération du son par circuits analogiques est un bonheur pour certains claviers (Moog et autre) c’est une catastrophe quand il s’agit de rendre un son d’orgue.
Dans ce cas, j’avais pris le parti de me contenter de ce rendu médiocre dans le cadre de mes séances de travail à la maison. Après tout, la joie de toucher un vrai orgue m’est possible à l’église ou je prends mes cours. Il me suffit de demander la clef pour aller y travailler plus ou moins quand je veux.
Quoi qu’il en soit, l’accès à ce type de matériel est souvent (presque toujours) le fruit du hasard, il faut trouver un instrument correct, pas à mille kilomètres, etc … C’est la loterie plus qu’autre chose.

Les autres possibilités sont toutes axées sur la stratégie suivante : clavier maitre MIDI + production externe du son, par un expandeur ou une solution logicielle quelconque. Hauptwerk, qui vient souvent à l’esprit en premier, offre une expérience de jeu extraordinaire par rapport à un analogique, même dans sa version gratuite.

L’utilisation de clavier-maitres MIDI semble la plus simple : 1, 2, 3 ou X claviers 5 octaves branchés dans un expandeur ou un ordinateur. On empilera le tout du mieux possible sur une table Ikea.
Il faut alors trouver un pédalier, des pédales pour les boîtes expressives, une solution pour l’appel des jeux et les combinaisons.
Les gros avantages étant modularité, flexibilité et possibilités d’évolutions très grandes.
Les mauvais points sont en premier lieu le côté « bricolage de proximité » de l’ensemble.
Les claviers midi ne sont pas des claviers prévus pour être empilés les uns sur les autres, les distances entre les plans de touches ne sont pas les bonnes, il est difficile de les monter avec un minimum de chevauchement avec satisfaction. Bref, « c’est pas fait pour ».
Il reste possible de bricoler quelque chose en sortant les keybeds + l’électronique des châssis, de mettre le tout dans un bloc clavier fait maison. On perd par contre l’aspect modularité dans ce cas.
Un deuxième point noir est le coût. On s’obligera à trouver un pédalier d’orgue MIDI, ça existe, ça coute entre 1600 et 2000€ (Viscount chez Thomann).
Si on ajoute à ça les manuels ( par exemple M-Audio 5 octaves, 200€ pièce)
et il faut ajouter une solution MIDI utilisable pour les appels de jeux, un LaunchPad (150€) par exemple, on se retrouve rapidement autour des 2100€ minimum pour un instrument de deux manuels, pédalier droit vingt-sept touches. Ajouter le prix d’une table.

Il est probablement très intéressant de se donner la peine de tout trouver d’occasion, je n’ai pas exploré cette voie qui me paraissait hasardeuse.
Un dernier défaut, ou pas, c’est l’aspect esthétique. Quoi qu’il arrive, on n’est jamais que devant des claviers empilés sur une table.
Pour ma part, j’ai pris, là aussi, le parti de ne pas me soucier de ça, pour les mêmes raisons qui me poussent à ne pas me préoccuper du rendu sonore pas terrible d’un vieil instrument analogique.

Une autre voie était de MIDIfier mon harmonium, à la manière de la MIDIfication d’un orgue à tuyaux.
Beaucoup de bons points : la console est parfaite, très peu de modification de l’instrument, a priori toutes réversibles. Les kits MIDI sont bien faits et abordables.
Point négatif, mais pas rédhibitoire, la pose des contacts demande le démontage de tout l’instrument. C’est un très gros boulot, l’effort étant à mon sens largement compensé par le plaisir de continuer à jouer tous les jours sur une console que j’aime beaucoup .

La dernière possibilité, était de mettre la main sur un orgue analogique n’importe lequel, le moins cher possible, en panne de préférence, mais complet.
En supprimer l’électronique et  le MIDIfier complétement.
Point fort : la MIDIfication ne demande pas beaucoup de travail,  pas de scrupules à « vandaliser » un bel instrument, c’est agencé comme une vraie console d’orgue, « y a qu’à » se brancher sur les commandes existantes, tout est déjà là : boutons de combinaison, d’appel de jeux, pédale d’expression, etc …
Le tout pour un budget supposé très resserré, de 800€ à 1000€ à la grosse louche.
Inconvénient: pas si simple de trouver un bon candidat qui soit à la fois complet, pas cher, pas trop loin, qui n’ait pas passé 20 ans dans une cave humide …

J’ai mis plusieurs semaines à réfléchir à la chose, bien parti pour modifier mon harmonium quand j’ai vu passer un Johannus Opus 6 à remettre en route à 80 Km de chez moi, pas gratuit, mais pas cher. J’ai donc choisi la solution de facilité et me suis fait livrer l’Opus 6.

N.

Ressources externes :

Mon harmonium Schiedmayer sur l’Orgue libre :
http://orgue-libre.bbactif.com/t1498-schiedmayer-ii-p

Roland EP7-II
http://fr.audiofanzine.com/piano-numerique/roland/EP-7/

Korg Triton Rack :
http://fr.audiofanzine.com/rack-numerique/korg/triton-rack/
http://www.vintagesynth.com/korg/triton.php
https://en.wikipedia.org/wiki/Korg_Triton

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.